15 janvier 2011

The Cape et de collants



Une déception. C'est souvent ce qui se passe avec les pilotes de séries attendues depuis plusieurs mois. Les chaines nous balancent des teasers, des trailers, des images de tournage ou des photos officielles à n'en plus finir. Du coup quand le pilote est enfin diffusé, la sentence tombe plus rapidement que la guillotine sur la nuque de Marie Antoinette. Ca a été le cas de No Ordinary Family, série dont le pilote a expédié l'intrigue en moins de deux minutes, montre en main.

Autant vous le dire de suite, ça n'a pas été le cas de The Cape, malgré les quatre mois d'attente supplémentaires.

On en parlait dans le pilote de Kultur Breakdown, 2011 sera une année super héros dans les salles obscures. Certes, ça n'est pas nouveau : depuis 10 ans, les adaptations de comics pleuvent sur Hollywood. Intrigues simples, personnages pré-existants et public conquis d'avance garantissent un succès et un profit évident pour les studios. En revanche, les networks se doivent d'être plus imaginatives, les licences des héros connus étant souvent trop chères pour un budget TV. Du coup les séries inspirés de héros en capes et collants se font bien plus rares.



On avait bien eu Heroes en 2006, qui tentait de jouer la carte des mutants, mais même si les comics étaient une référence évidente de la série, jamais Tim Kring n'a souhaité aller jusqu'au bout en affublant ses héros de masques et de costumes. Idem pour le poussif Smallville, Clark Kent se retrouve toujours en jean et manteau de cuir après dix ans de diffusion. Et quand bien même certains visuels sembleraient annoncer le slip et la cape rouge pour bientôt, il aura fallu attendre la dernière saison pour voir Superman avec ses collants. En septembre pourtant, ABC jouait sur la corde sensible des geeks en programmant No Ordinary Family, l'histoire de la famille Powell dont les membres vont se retrouver du jour au lendemain affublés de super pouvoirs. Là encore, la chaîne n'a pas osé aller jusqu'au bout du concept et il aura fallu se contenter d'une adaptation live des Indestructibles de Disney, les costumes en moins. Pour les collants, il faudra sûrement attendre les séries Hulk et Jessica Jones, prévue chez ABC (Marvel et ABC étant tous deux propriété de Disney), ou le remake de  Wonder Woman, si une chaine US se décide enfin à s'associer au projet. Ou bien The Cape.

Avec ces deux premiers épisodes, c'est une bouffée d'air frais que nous inspire NBC. Enfin un costume, un beau ! Et pour cause, le super-héros The Cape est inspiré d'un comics lu par le fils de son alter ego, Vince Faraday. Du coup, on suit son apprentissage méticuleux de ses nouvelles armes, de nouvelles techniques de combat, et geekasm ultime, la fabrication et l'assemblage de son costume. Pour l'histoire, je vais vous la faire courte : Vince Faraday est policier à Palm City. Seul dans une ville où la flicaille est corrompue, il va chercher à apprendre la vérité sur Peter Fleming, industriel souhaitant privatiser la police sous les ordres de son entreprise. Evidemment il n'en sortira pas indemne et disparaîtra, passé pour mort. Recueilli par le carnival of crime, il apprendra divers techniques de combat, de manipulation, et s'affublera d'une cape. Il décide alors de devenir The Cape afin de se venger de Peter Fleming.

Ca n'était pas gagner d'avance, et pourtant il s'agit d'une bonne série. Une série sombre et adulte rendant hommage au Dark Knight sans le plagier. Revanche contre la corruption policière, atmosphère sombre, pas de réels pouvoirs, gadgets, techniques de combat, actions essentiellement nocturnes, magistrat intègre. On ne peut ignorer l'influence de Batman de part et d'autre des deux premiers épisodes. Le casting n'est pas non plus à délaisser avec notamment Richard Shiff, toujours très en forme depuis la fin de The West Wing, incarnant le directeur du système pénitencier, à mi chemin entre un commissaire Gordon ou un Harvey Dent des débuts. Enfin, malgré l'atmosphère plutôt sombre de la série, elle ne se prend pas au sérieux et quelques punchlines bien affûtées ont réussi sans peine à me faire rire.

Le prochain épisode devrait être diffusé dimanche soir. A suivre, en espérant ne pas subir à nouveau la déception de Walking Dead.

9 janvier 2011

Ich bin ein Podkaster !



Ça devait bien arriver un jour.

A force de me nourrir quasi exclusivement de podcasts en tous genres depuis maintenant 4 ans, de pleurer de rage en voyant le nombre d'heures de retard dans les émissions déjà parue, je me suis dit que j'ajouterai bien ma pierre à l'édifice. Histoire de faire rager les gens. En même temps, je fais tout pour les faire rager. Du coup, vendredi soir, on a enregistré en live le numéro 0 de Kultur Breakdown

Le concept est on ne peut plus classique. De la culture pop, mais exclusivement visuelle et au format audio. Challenge ! Du coup, on prévoit de parler de films, de séries, de BD et à terme, pourquoi pas de jeux vidéo. Là, par exemple, pour le pilote, on a abordé du Batman, du Orc Stains, une analyse de la prélogie Star Wars et les séries et les films de super-héros à venir dans l'année. On est début 2011, on a une excuse hein !

Apparemment, pour un premier essai, ça a été plutôt concluant. Le feeling y était, avec XavierMathieu et Jordan en duplex, donc on remettra ça dès que possible, normalement sur un rythme bimensuel. A terme, il est indéniable qu'un peu de matos plus pro (un vrai micro, surtout) ne pourra pas faire de mal, mais comme l'épisode 0 a été enregistré en urgence, on a fait avec les moyens du bord.

D'ici là, vous pouvez avoir un aperçu de ce qu'on fait. Quoi ? Ouais, ça dure deux heures, mais je sais bien que t'as rien d'autre à faire, fais pas genre. Tu peux le télécharger ici (clique droit, puis enregistrer la cible sous). Après tu le fous direct dans ton iPod et t'enjoy ! J'espère...

Ah ouais, j'allais oublier. Après tu reviens et tu me donnes ton avis. J'accepte aussi les critiques, hein. Surtout les critiques en fait, tant qu'elles sont constructives. 

22 décembre 2010

On s'fait une toile ? #3 - Skyline & Monsters

Ah, Noël ! Les départs en vacances, le feu dans la cheminée, le foie gras qui glisse dans la gorge, les blockbusters US, l'alien qui vient nous délivrer ses offrandes la nuit du 24, en échange de sa sécurité. Si, si, je te promets, c'est évident ! Sinon, dis moi comment tu peux expliquer rationnellement la sortie de deux films dont le thème central est une invasion de gros méchants tout verts ? L’appât du gain ? Avec deux films dont le budget cumulé s'élève à vingts millions cinq cent mille dollars, dont uniquement cinq cent mille pour Monsters ?

Certes, depuis quelques temps, les aliens font leur retour sur le grand écran. D'abord les prémices avec Cloverfield, puis Avatar, et fin 2010, on aura eu droit à Predators, Monsters et Skyline. Début 2011, ce sera au tour de Cow Boys and Aliens, puis Battle : Los Angeles et Super 8. Inutile de vous rappeler que les deux films de la prélogie Alien sont actuellement en préparation et le premier préquel devrait arriver aux USA en 2013. Tout ça pour vous dire que selon toutes probabilités, les petits bonshommes verts, ça fait vendre. Sauf que.

Sauf qu'en fait, un film d'aliens ça veut tout et rien dire, et les deux films que j'ai pu voir cette semaine en sont la parfaite démonstration. D'un côté, on a Skyline, une tentative de d'Independance Day like, écrit, produit et filmé par des mecs qui font des effets spéciaux. De l'autre, on a Monsters un film taillé pour Sundance avec un message politique, sur fond de no man's land post invasion.



Le gros problème de Skyline, ce n'est pas ses acteurs, sa mise en scène, son manque de rythme ou l'absence de direction artistique. Non, le gros problème de Skyline c'est son manque profond d'ambition. S'inspirer de Independance Day, je veux bien, j'avais adoré ce film quand j'étais mioche (avec un I hein, un I !). Sauf que vouloir s'inspirer du film de Roland Emmerich avec 10 à 20 millions de dollars, c'est du suicide. Du coup, on économise sur les acteurs en prenant d'anciens seconds rôles de séries TV (Donald Faison et Eric Balfour, really ?), sur les dialogue, puisque ça sert à rien si on a de jolis effets spéciaux, sur les costumes, puisqu'on a qu'à reprendre ceux imaginés pour nous depuis dix ans dans tous les films du genre. Et enfin, sur les décors. Le tournage a du être simple comme bonjour. On loue une chambre d'hôtel, on demande à pouvoir accéder au toit, et c'est tout. Oui voilà, t'as compris maintenant. Skyline est un huis clos cheapos avec des combats aériens derrière les fenêtres et des punchline à rendre Stallone vert de jalousie. L'enfer c'est les mauvais films.



Même si, à vrai dire, la descente est dur quand on passe d'un chef d'oeuvre à un nanard, je suis quand même bien heureux, d'être allé voir Monsters avant Skyline. Pas fou, et surtout, pas certain que j'aurais eu la motivation de voir un autre film après la purge qu'est le film des frères Strause.



A vrai dire, même sans faire la comparaison entre les deux films, Monsters est excellent. Un très grand film. Le pitch est simple : deux personnes aux caractères opposés se rencontrent au Mexique et décident de rentrer aux Etats Unis. Evidemment, il y a un hic : la moitié du Mexique est un no man's land, une zone infectée par les aliens qui ont atterri sur Terre quelques années auparavant. Non seulement le film évite les poncifs du genre (technologie surpuissante, attaque en masse de la Terre, gros vaisseaux, grosses bombes et attaques de chasseurs contre le vaisseau mère), mais surtout, il ne s'agit pas d'un film d'extraterrestres. Ici, les aliens ne sont qu'un prétexte pour raconter un road trip. Tirant parti de son budget serré, Gareth Edwards raconte une histoire d'amour et la filme pour Sundance. Les monstres, comme les zombies de Walking Dead ne sont qu'un prétexte, et on pourrait très bien remplacer l'infection extraterrestre par une attaque nucléaire, l'essentiel étant le voyage du couple et les superbes plans qui le compose. Je pense particulièrement à un travelling (celui dont est tiré l'illustration ci-dessus), comme j'en ai rarement vu.

En plus de cette simple romance post-apocalyptique, le film est intelligent. Il reprend un thème central de la politique US et déjà exploité dans Machete en plus bourrin, forcément, l'immigration clandestine. Du petit port mexicain jusqu'au mur gigantesque érigé à la frontière, le thème nous est rappelé sans cesse, sans nous enfermer. A la sortie, un petit parfum de liberté, et de fraicheur. Jusqu'à Skyline ...

Une superbe pique lancée aux frères Strause : on peut réussir un film ambitieux avec un petit budget.